En chemin-2018

Un homme court et ses pas tracent son chemin. Il a fui son foyer. Sa famille. Son passé. Il ignore où il va. Est-il en proie à la panique ? Perdu ? En plein délire ? Stupide, peut-être ?... Souvent, il se sent comme un manchot. Un manchot, oui. Accablé par son corps grand et maigre, par ses membres longs et fins. Un corps étranger. Accablé par sa propre présence au monde. Que faire de soi quand on se sent à côté de la plaque ? Quand on est « trop ». Toujours trop. Trop grand, trop petit, trop intelligent, trop effronté, trop efféminé, trop macho, trop téméraire, trop autoritaire, trop timide, trop... pas assez... Cet homme se cache ; il se réfugie dans ses souvenirs, ses rêves, ses cauchemars. À moins qu'il ne soit prisonnier ? En chemin, il croise des gens. Sont-ils réels, ou rencontre-t-il ses fantômes, ses doubles, le jeu de ses illusions ? Un jour — pourquoi ce jour-là ? — sur la route, il regarde, il écoute. Il comprend, il accepte. Il en a le droit. Simplement d'être là. Sans masque. Au centre du monde, au centre de la scène. Il peut reprendre la route. Libre de toute attache. Une scène sombre. Une boîte noire, telle un crâne. Nous sommes dans la tête de cet homme, et sur son chemin. Au plus près de ses perceptions, de ses illusions et de ses émerveillements. Dans le flux de ses pensées et de ses sentiments. Au diapason de ses découvertes, de ses révélations. Dans son théâtre mental. Un enchaînement de scènes oniriques, fantastiques et réelles à la fois : une esthétique de la rupture ou du glissement. Une esthétique du clair-obscur, faite de lueurs, d'apparitions et de disparitions tout au long du parcours. Une esthétique de la vibration, de l'écho, du rebond. Une esthétique du décalage, du loufoque, du fragment, du patchwork subversif, faussement chaotique et parfaitement calibré. Un délire de fin d'enfance, drôle et absurde. Entre baroque latin et *arte povera*. Sans complexes et hors normes.Ce qui fait la force et la beauté de « On the way », c'est l'absence de jugement, cette manière unique de ne jamais sombrer dans une complaisance malsaine ou dans la sanctification béate de ceux que l'on ne voit plus guère. Des monstres, uniques en leur genre. Le laid, le difforme, le contrefait. Les excentriques, les marginaux. Les Pingouins. Dans ce spectacle, nulle compassion, ni même de condescendance. Mais des corps, des présences magnifiques, insaisissables, inclassables, multiples et uniques. À l'image de la vie. La nôtre.Philippe de Pierpont

Conception et mise en scène Gustavo GiacosaAvec Kostia Botkine, Antoine Boulangé, Fausto Ferraiuolo, Gustavo Giacosa, Akira Inumaru, Philippe Marien et Francesca ZaccariaMusique originale interprétée sur scène Fausto Ferraiuolo
Conseilleur artistique Philippe de Pierpont
Créateur lumière Bertrand Blayo
Stagiaire assistante à la mise en scène Gaëlle Marc
Production Compagnie SIC.12 / La « S » Grand Atelier
Coproduction Le Liberté, scène nationale de Toulon / Théâtre du Bois de l’Aune, Aix-en-Provence / Théâtre Durance, Château-Arnoux-Saint-Auban
Avec l’aide de La Maison de la Culture Famenne-Ardenne, Marche-en-Famenne
Avec le concours, en France, du ministère de la Culture/Drac Provence-Alpes-Côte d’Azur, du conseil régional Provence-Alpes-Côte d’Azur, du conseil départemental des Bouches-du-Rhône et de la Ville d’Aix-en Provence et, en Belgique, de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de la Province de Luxembourg

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