en chemin

Musique originale interprétée sur scène Fausto Ferraiuolo
Conseilleur artistique Philippe de Pierpont
Créateur lumière Bertrand Blayo
Stagiaire assistante à la mise en scène Gaëlle Marc

 

Production Compagnie SIC.12 / La « S » Grand Atelier
Coproduction Le Liberté, scène nationale de Toulon / Théâtre du Bois de l’Aune, Aix-en-Provence / Théâtre Durance, Château-Arnoux-Saint-Auban
Avec l’aide de La Maison de la Culture Famenne-Ardenne, Marche-en-Famenne
Avec le concours, en France, du ministère de la Culture/Drac Provence-Alpes-Côte d’Azur, du conseil régional Provence-Alpes-Côte d’Azur, du conseil départemental des Bouches-du-Rhône et de la Ville d’Aix-en Provence et, en Belgique, de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de la Province de Luxembourg

Conception et mise en scène Gustavo Giacosa

Avec Kostia Botkine, Antoine Boulangé, Fausto Ferraiuolo, Gustavo Giacosa, Akira Inumaru, Philippe Marien et Francesca Zaccaria

Un homme court et ses pas créent son chemin. Il a fui sa maison. Sa famille. Son passé. Il ne sait pas où il va. Est-il paniqué? Perdu? Délirant? Simplet, peut-être?...

Il se sent souvent comme un pingouin. Un pingouin, oui. Encombré de son grand corps maigre, de ses membres longs et fluets. Corps étranger. Encombré de sa présence au monde. Que faire de soi quand on se sent décalé? Quand on est trop. Toujours trop. Trop gros, trop petit, trop malin, trop effronté, trop efféminé, trop macho, trop téméraire, trop autoritaire, trop timide, trop pas assez...

Cet homme se cache, il se cache dans ses souvenirs, dans ses rêves, dans ses cauchemars. A moins qu’il n’en soit le prisonnier?

Sur le chemin, il fait des rencontres. Sont-elles réelles ou rencontre-t-il ses fantômes, ses doubles, le jeu de ses illusions?

Un jour - pourquoi ce jour-là? - sur le chemin, il regarde, il écoute. Il comprend, il accepte. Il a le droit. D’être là, tout simplement. Sans masque. Au centre du monde, au centre de la scène.

Il peut reprendre la route. Libre de toute attache.

 

Une scène noire. Un boîte noire, comme une boîte crânienne. Nous sommes dans la tête de cet homme, et sur son chemin. Au plus proche de ses perceptions, de ses illusions et de ses émerveillements. Dans le flux de ses pensées et de ses sensations. En phase avec ses découvertes, ses révélations. Dans son théâtre mental.

 

Liant les scènes-tableaux oniriques, fantasmés et réels à la fois : une esthétique de la rupture ou du glissement. Une esthétique du clair-obscur, faite de fulgurances, d’apparitions et de disparitions au long du chemin. Une esthétique de la vibration, de l’écho, du ricochet. Une esthétique du décalage, du loufoque, du fragment, du patchwork subversif faussement chaotique et parfaitement calibré. Un délire d’enfance tardive, drôle et absurde. Entre baroque latino et arte povera. Sans complexe et dans le désordre.

 

Ce qui fait la force et beauté d’« En chemin », c'est son absence de jugement, sa façon unique de ne jamais glisser ni dans une complaisance malsaine, ni dans une sanctification béate de ceux qu’on ne voit le plus souvent que sous une étiquette : les freaks. Les monstres, les pas comme les autres. Les mal-fichus, les difformes, les contrefaits. Les décalés, les marginaux. Les pingouins.

Dans ce spectacle, pas de compassion, pas de condescendance non plus. Mais des corps, des présences magnifiques, insaisissables, inclassables, multiples et singulières. Comme la vie. La nôtre.

 

Philippe de Pierpont